Aurélie Courtaudon

Aurélie Courtaudon Chargée d'Etudes Twitter : Aurelie_c

Accueil: http://www.markess.fr


Article par Aurélie Courtaudon

Santé & digital : plate-forme numérique et cartes d’identité

La transformation digitale du secteur de la santé se concrétise à l’échelle de territoire ou d’établissement de santé, à la fois pour améliorer le service au patient ou optimiser le fonctionnement interne :

  • La région Bourgogne Franche-Comté finalise sa plate-forme numérique de coordination qui a vocation à faciliter la coordination des professionnels du secteur sanitaire et social pour la prise en charge d’un patient suivi à domicile à l’issue d’une hospitalisation. L’échange et le partage d’informations entre les différents acteurs intervenant sur le parcours d’un patient devraient améliorer les diagnostics et l’anticipation des soins. Ce chantier d’envergure montre la capacité des territoires à rénover leur approche en atténuant les silos de soins. Ces services devraient concerner un millier de patients dans le territoire-cible du programme eTICSS, au nord de la Saône-et-Loire. Le groupement de coopération sanitaire (GCS) e-santé Bourgogne, maîtrise d’ouvrage déléguée de l’Agence Régionale de Santé, a sélectionné en janvier 2016 le consortium industriel CSC-Orion health pour mettre en oeuvre et déployer la plate-forme de services numériques.
  • L’AP-HP uniformise la gestion des identités de son personnel, soignant et administratif, en intégrant 90 000 cartes de professionnel de santé (CPS) et de personnel d’établissement (CPE). Il s’agit concrètement de doter tous les personnels de l’AP-HP d’une carte nominative « multi-usages ». Cette carte permettra de se connecter au système d’information, aux télé-services en santé (« E-DO » pour la télédéclaration des maladies à déclarations obligatoires, « CERT-DC » pour la déclaration en ligne des décès, création de feuilles de soins électroniques, accès au dossier médical partagé…), et d’accéder aux différents locaux des 43 établissements de l’AP-HP (parkings, locaux dits « sensibles », restaurants d’établissement).

Plate-forme numérique de Bourgogne-Franche-Comté

Cartes professionnelles de l’AP-HP

Source : TIC Santé

Alertes Secteur Public & Digital N°8 – Vol.14

Cloud souverain pour le secteur public: est-ce le bon choix ?

La note publiée au printemps dernier quant à l’usage stricto sensu de cloud souverain par les administrations continue de faire parler d’elle. Elle fait l’objet de critiques mettant en exergue son inadéquation avec les réalités actuelles :

  • Les collectivités ont un usage massif des solutions Microsoft dont certaines offres (messagerie…) sont localisées dans le cloud. Les couper de cet environnement pour satisfaire à l’obligation de cloud souverain les obligerait à engager des coûts de migration très importants, inimaginables en période de restrictions budgétaires. Enfin, il serait difficile à ce jour de trouver un acteur français équivalent capable d’absorber le volume.
  • L’hébergement sur le sol français n’est pas une garantie de sécurité.
  • L’exemple de l’agrément d’hébergeurs de données de santé montre que le processus est très contraignant pour les acteurs concernés, en terme de coût pour satisfaire aux exigences, alors que les établissements de santé hébergeant eux-mêmes leurs données ne sont pas contraints, à risque identique.
  • Compliquer le choix du cloud par les collectivités ne leur facilite pas l’existence en période de fusion et de mutualisation.

Pour rappel l’Etat développe quant à lui un cloud IaaS hybride : un cloud privé interne avec deux datacenters en France et un cloud public pour les applications de prototypes. L’Etat proposera ensuite des services applicatifs PaaS et SaaS (plate-forme compatible OpenStack). Afin de sécuriser les projets portés dans ces clouds, une vingtaine d’expérimentations et deux projets phares (France Visa et France Université) sont en cours de déploiement.

Le cloud souverain

Le cloud de l’Etat

Source : channelbp.com, cio-online.com

Alertes Secteur Public & Digital N°8 – Vol.14

L’innovation digitale en action dans les villes

Les villes se distinguent de plus en plus comme des acteurs de premier choix de l’innovation digitale. Si elles se cantonnent encore à un cercle restreint, leurs services inédits font l’objet de toutes les attentions.

Des projets innovants émergent à travers le concept d’économie collaborative : il s’agit de lancer des initiatives de partage, notamment grâce à la puissance de diffusion du numérique, tout en privilégiant un mode de développement durable du territoire. Rennes Métropole a mis en oeuvre des initiatives (programme Domino) de ce type auprès d’un échantillon restreint de 43 communes. Trois ensembles de pratiques collaboratives ont été identifiés : pratiques autour de nouveaux lieux (Recyclerie, LabFab, espaces de co-working, Cantine numérique, la Ruche qui dit Oui…), nouvelles pratiques  diverses (Disco soupe, Open bidouille camp, Bibliomix, Museomix, Maisonmix) et nouveaux usages « partagés » (logements, déplacements, jardins). A chaque territoire d’identifier son ADN pour développer les pratiques collaboratives en phase avec ses besoins.

Des projets big data se concrétisent également parmi les villes précurseurs, la plupart américaines. Si l’exploitation des données pour une meilleure gestion de la mobilité est d’ores et déjà reconnue, de nouveaux exemples se multiplient pour :

- anticiper les risques sanitaires dans les restaurants à Chicago à partir de neuf variables, dont l’historique des infractions commises par les restaurants, la durée depuis la dernière inspection ou encore la dangerosité et la propreté de la zone géographique. L’algorithme détecte les infractions graves, en moyenne sept jours plus tôt que le système traditionnel.

- adapter des prestations à chaque situation individuelle : certaines villes américaines aident les juges à déterminer si un suspect doit être détenu avant son procès ou s’il peut être laissé en liberté grâce à l’analyse de données recueillies parmi un million et demi de cas différents (antécédents judiciaires de l’accusé, les faits lui étant reprochés et son âge).

- renforcer la confiance des citoyens dans le gouvernement : la ville d’Oakland permet la visualisation exhaustive et intelligible du budget de la ville, afin que les citoyens puissent savoir où vont leurs impôts.

- renforcer les échanges entre citoyens et gouvernements : lors d’hivers rigoureux, les citoyens de Boston et Chicago peuvent signaler, via une application dédiée, les tronçons de route enneigés ou verglacés.

- renforcer les liens communautaires : Singapour propose une application qui avertit les citoyens disposant d’une formation en secourisme lorsqu’une personne fait un malaise dans la rue à proximité. Les données peuvent ainsi sauver des vies.

La prise de conscience de la valeur des données est une chose mais « beaucoup de villes ignorent comment les valoriser ».

Recette pour une économie collaborative

Le big data dans les villes, pour quoi faire ?

Alertes Secteur Public & Digital N°8 – Vol.14

Le cloud public de l’Etat est en service

La stratégie cloud de l’Etat est basée sur un cloud hybride OpenStack : une partie publique et une autre partie en mode privé.

Le cloud public, géré par Orange Business Services, est passé en production. Ce contrat interministériel, d’une durée de deux ans, vise à couvrir les besoins des ministères, ainsi que ceux d’une dizaine d’établissements publics. Limité à quelques dizaines de machines virtuelles (VM), ce cloud est destiné à des développements et des tests. Hélène Brisset, adjointe au DSI de l’Etat, explique que les administrations concernées peuvent désormais provisionner leurs environnements via un portail. Orange Business Services propose ses services OpenStack sur deux datacenters (Val-de-Reuil et Rueil-Malmaison). Les administrations sont facturées tous les mois, en fonction de leurs consommations réelles des services.

En parallèle, un cloud privé est en cours de développement au sein de plusieurs ministères (l’Agriculture et l’Ecologie, les ministères financiers et de l’Intérieur). Le Ministère de l’Intérieur porte également le projet d’un portail commun, projet dont l’aboutissement est planifié d’ici 1 an et demi.

La question de l’utilisation de ce cloud par les collectivités locales n’est pas à l’ordre du jour à court terme même si elles auraient tout intérêt à s’y intéresser suite à la récente note recadrant les usages du cloud sur le territoire français. Dans ce cas, la DINSIC devra probablement requalifier le contrat avec Orange Business Services ou bien relancer un appel d’offres.

En savoir plus

Source : silicon.fr

Alertes Secteur Public & Digital N°8 – Vol.14

L’innovation selon un DGS de collectivité locale

Le Directeur Général des Services du conseil départemental du Val-d’Oise fait figure de précurseur en termes de prise de conscience des changements en train de s’opérer dans la culture des citoyens avec les services publics et en conséquence des leçons que doivent en tirer les collectivités. Il pose la question : « Pourquoi innover ? » Et une partie de la réponse est : « parce que la puissance publique a perdu le monopole de l’accumulation du capital informationnel ». Il met en opposition les anciens modèles avec les nouveaux tels que l’annuaire des PTT (produit par l’administration centrale d’Etat) contre Facebook ou Linkedin, le service Sytadin (guidage routier en Ile de France produit par les services de l’équipement) contre Waze. Face à ce constat, il invite à repositionner l’usager au cœur de la stratégie pour « réduire de 40% les délais d’instruction des dossiers d’une maison départementale des personnes handicapées », « diminuer de 50% l’absentéisme des jeunes aux rendez-vous de médecine préventive », « baisser de 25% le gaspillage de certains types d’aliments dans les cantines des collèges ». Ces objectifs seraient possibles sans sans modifier le droit, sans ressources supplémentaires, sans incitation financière et sans bouleverser les organigrammes.

La clé se trouve dans les nouveaux savoir-faire issus de métiers comme la logistique de production ou le design de service, et de nouveaux savoirs issus de la rencontre entre l’économie et les sciences humaines. Il s’agit désormais de « penser en termes d’observation des parcours usagers, d’idéation, d’expérimentation, de délais de production et de qualité de distribution de nos services publics. »

Le numérique contribue à ce changement de culture. Or le dernier observatoire de MARKESS concernant les compétences numériques des collectivités locales montre une implication moindre des DGS dans les questions numériques. Un quart des décideurs les considèrent comme proactifs sur les chantiers numériques alors que leur rôle semble clé pour porter ces dossiers.

Interview du DGS du Val d’Oise

Source : lagazettedescommunes.com

Alertes Secteur Public &Digital N°7 – Vol.14

Actualités réglementaires en juillet 2016 : open data, signature électronique

La Loi Lemaire pour une République numérique a été présentée à une commission mixte paritaire le 29 juin dernier au cours de laquelle députés et sénateurs ont conclu de nouveaux accords avec en particulier des avancées concernant l’open data. Désormais, l’ouverture des données publiques doit être effective par défaut sauf pour les collectivités locales de moins de 3500 habitants. L’autre avancée majeure adresse la création de données de référence relevant d’une mission de service public. Seul bémol : cette dernière disposition est de la responsabilité de l’Etat alors qu’il n’est pas le seul producteur de données de référence. Ces avancées en demi-teinte sont néanmoins nécessaires pour préparer les esprits à la prochaine étape.

L’Europe officialise le règlement eIDAS (electronic IDentification And trust Services, identification électronique et services de confiance) qui entre en vigueur à partir du 1er juillet 2016.  Ce règlement est une étape supplémentaire dans l’harmonisation d’un marché européen unique en facilitant les démarches dématérialisées. La signature électronique devient « légale et une preuve numérique d’identité des personnes et des organisations, équivalente à la signature manuscrite, valable juridiquement devant un tribunal européen en cas de contentieux ». Une liste de solutions technologiques validées, fournies par les prestataires de services de confiance sera publiée.

Loi pour une République numérique et commission mixte paritaire

Avancées pour l’open data

Signature électronique européenne

Source : lagazette.com, econocom.com

Alertes Secteur Public & Digital N°7 – Vol.14