Lors de la Mission Ecoter du 12 octobre dernier, qui traitait du thème “du cloud à la gouvernance des données”, MARKESS a présenté les résultats d’une analyse sur les besoins, attentes et enjeux des collectivités avec le cloud computing, issue de son nouveau Programme Secteur Public & Digital.

72% des 114 décideurs du secteur public interrogés par MARKESS ont déjà recours ou prévoient de recourir au cloud computing (SaaS, PaaS, IaaS – privé/public) d’ici 2018, comme modèle pour opérer leurs chantiers numériques innovants et véritablement entrer dans l’ère de la transition numérique. Si ce modèle a longtemps été observé avec méfiance et a pris du retard en terme d’appropriation par la sphère publique par rapport aux entreprises privées, la donne semble évoluer aujourd’hui et pourrait signer l’avènement de nouvelles avancées dans son appropriation par les administrations françaises.

Le cloud computing offre en effet des possibilités en adéquation avec les défis auxquels doivent faire face les services publics à l’heure de la transition numérique :

  • Accéder à des infrastructures sans investir directement, en période de raréfaction budgétaire,
  • Faciliter la mise en œuvre rapide et agile de nouveaux services numériques à l’appui de ressources externes complémentaires,
  • Accélérer les usages, notamment en situation de mobilité mais aussi pour le partage de données au sein d’écosystèmes (logique de co-innovation, travail collaboratif…) ou encore pour enrichir et compléter des applications existantes et hébergées en interne.

Le principal frein au cloud computing au sein du secteur public reste lié aux risques sécuritaires et à une maîtrise approximative des enjeux juridiques sous-jacents selon plus d’un décideur sur deux du secteur public interrogés par MARKESS. Tous les profils d’administrations (ministères, collectivités…) s’accordent sur ce point et la récente note des ministères de l’intérieur et de la culture n’a pas manqué de les rappeler à l’ordre quant à l’importance de la localisation des données sur le territoire français.

Si de nombreuses administrations (en particulier les collectivités locales) ont déjà fait le choix d’applications en mode SaaS (Software as a Service) pour des fonctions traditionnelles de messagerie par exemple, elles sont toujours prudentes en ce qui concerne le recours à des infrastructures dans le cloud (IaaS). Dans ce domaine, elles privilégient plutôt des cloud privés dans leurs locaux ou chez un prestataire garantissant la localisation des données en France. Néanmoins, en l’absence d’adéquation de l’offre conforme à la législation française face à une demande croissante, les administrations sont parfois contraintes à se priver de solutions répondant à leurs attentes, ce qui suscitent aujourd’hui des impatiences…

La montée en puissance d’acteurs nationaux avec des offres d’un niveau identique à celui d’acteurs, notamment nord-américains, reconnus dans le domaine, serait une possibilité… Or, il semblerait que ces derniers soient en train de répondre aux spécificités du marché français et pourraient faire bouger les lignes avec le recours à des centres de données (datacenters) sur le sol français (cf. Salesforce, Amazon Web Services, Microsoft…). Il s’agit d’un signal fort de leur part démontrant l’intérêt qu’ils portent au marché français et leurs capacités à s’adapter pour prendre en compte ses particularités, avec à la clé un potentiel de développement pouvant toucher des millions de citoyens !

Alertes Secteur Public & Digital N°10 – Vol.14