Les villes se distinguent de plus en plus comme des acteurs de premier choix de l’innovation digitale. Si elles se cantonnent encore à un cercle restreint, leurs services inédits font l’objet de toutes les attentions.

Des projets innovants émergent à travers le concept d’économie collaborative : il s’agit de lancer des initiatives de partage, notamment grâce à la puissance de diffusion du numérique, tout en privilégiant un mode de développement durable du territoire. Rennes Métropole a mis en oeuvre des initiatives (programme Domino) de ce type auprès d’un échantillon restreint de 43 communes. Trois ensembles de pratiques collaboratives ont été identifiés : pratiques autour de nouveaux lieux (Recyclerie, LabFab, espaces de co-working, Cantine numérique, la Ruche qui dit Oui…), nouvelles pratiques  diverses (Disco soupe, Open bidouille camp, Bibliomix, Museomix, Maisonmix) et nouveaux usages « partagés » (logements, déplacements, jardins). A chaque territoire d’identifier son ADN pour développer les pratiques collaboratives en phase avec ses besoins.

Des projets big data se concrétisent également parmi les villes précurseurs, la plupart américaines. Si l’exploitation des données pour une meilleure gestion de la mobilité est d’ores et déjà reconnue, de nouveaux exemples se multiplient pour :

- anticiper les risques sanitaires dans les restaurants à Chicago à partir de neuf variables, dont l’historique des infractions commises par les restaurants, la durée depuis la dernière inspection ou encore la dangerosité et la propreté de la zone géographique. L’algorithme détecte les infractions graves, en moyenne sept jours plus tôt que le système traditionnel.

- adapter des prestations à chaque situation individuelle : certaines villes américaines aident les juges à déterminer si un suspect doit être détenu avant son procès ou s’il peut être laissé en liberté grâce à l’analyse de données recueillies parmi un million et demi de cas différents (antécédents judiciaires de l’accusé, les faits lui étant reprochés et son âge).

- renforcer la confiance des citoyens dans le gouvernement : la ville d’Oakland permet la visualisation exhaustive et intelligible du budget de la ville, afin que les citoyens puissent savoir où vont leurs impôts.

- renforcer les échanges entre citoyens et gouvernements : lors d’hivers rigoureux, les citoyens de Boston et Chicago peuvent signaler, via une application dédiée, les tronçons de route enneigés ou verglacés.

- renforcer les liens communautaires : Singapour propose une application qui avertit les citoyens disposant d’une formation en secourisme lorsqu’une personne fait un malaise dans la rue à proximité. Les données peuvent ainsi sauver des vies.

La prise de conscience de la valeur des données est une chose mais « beaucoup de villes ignorent comment les valoriser ».

Recette pour une économie collaborative

Le big data dans les villes, pour quoi faire ?

Alertes Secteur Public & Digital N°8 – Vol.14