La FNCCR (services publics locaux de l’énergie, de l’eau, de l’environnement et des e-communications) a conduit fin 2013 une étude intitulée « Réseaux et territoires intelligents : quelles contraintes et quel positionnement pour les collectivités ? ». Cet organismes représentatif des collectivités locales, plus particulièrement en milieu rural, part en effet du constat que la ruralité mérite autant de pilotage que les zones urbaines, quand bien même le ROI de tels chantiers reste plus efficace dans les zones urbaines. Cette étude fait donc le point sur les opportunités et les freins quant au développement du numérique pour le pilotage des réseaux d’eau, de l’énergie et de l’environnement de manière générale.

La réflexion se situe avant tout autour de la donnée comme premier élément pour construire un territoire intelligent :

- la numérisation des réseaux implique une rupture grâce à la production de données quasiment en temps réel, qui devront être stockées et analysées par les systèmes d’informations concernés.

- Deux freins majeurs empêchent la mise en relation des données : des systèmes d’information cloisonnés (SI de l’eau, du gaz, de l’électricité…) et des acteurs multiples avec des modèles de contractualisation avec la collectivité divers (par exemple l’énergie avec ERDF, le gaz avec un délégataire, l’éclairage public par un appel d’offres). Pour croiser ces informations, il s’agit d’aborder la problématique sous l’angle d’un big data territorial.

- Des initiatives de la part des différents acteurs émergent malgré tout pour rassembler certaines données : les acteurs privés de l’énergie  débutent un rapprochement pour accompagner les collectivités vers la construction d’une vision globale (par exemple Dalkia repris par EDF pour une analyse globale, rapprochement du secteur de l’eau et du gaz, rapprochement des acteurs qui gèrent les transports et ceux qui gèrent les parking…).

- Le croisement de ces données diverses implique le recours à une plate-forme neutre indépendante des acteurs privés et qui aurait la capacité de collecter les data, les stocker et tiendrait le rôle de tiers de confiance.

- L’enjeu est de maîtriser les données, les systèmes d’information qui les produisent, du capteur jusqu’au serveur de big data dont le réseau de collecte (télécom), mais encore de créer de la valeur.

- Différentes articulations sont envisageables : métropole ? Département ? Ou région ?

- Les données doivent-elles être externalisées ? Les collectivités doivent maîtriser les cahiers des charges mais externaliser par délégation de services publics (tout en prenant garde à ce que la collectivité retrouve ses données en fin de délégation).

-  Il y a un enjeu de souveraineté nationale sur l’interopérabilité et les modèles d’échanges de données ainsi qu’un enjeu de gouvernance de cette souveraineté. Ceux qui maîtrisent les données en sauront plus que nous sur chacun de nous-mêmes.

La priorité est de sensibiliser les collectivités et de leur inculquer une culture de la donnée.

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Source : FNCCR

Alertes Administration Numérique N°4 – Vol.13