Jacques Marzin, directeur interministériel des SI de l’Etat, revient sur le récent décret publié cet été officialisant la volonté d’évoluer vers un système d’information unifié de l’Etat. Il revient sur la volonté d’en finir avec la juxtaposition de systèmes d’information « ministère par ministère », l’interopérabilité n’étant pas suffisante pour créer une homogénéité. La DISIC sera le lieu où se dessine l’architecture globale du système d’information de l’Etat. Il s’agira aussi de fédérer les expertises des informaticiens de l’Etat. « Ces expertises sont méconnues des différentes administrations, ce qui les amènent à investir en parallèle sur les mêmes thématiques ».

Pour rappel, le précédent décret régissant les systèmes d’information datait de 30 ans et correspondait à la construction de l’informatique back-office de chaque ministère. Désormais, des évolutions majeures telles que le déploiement de Chorus, la mise en place du réseau interministériel de l’Etat, la prise en charge par certains ministères d’une partie des systèmes d’autres ministères (les SI des ministères sociaux sont hébergés par la gendarmerie par exemple) nécessitaient d’adapter le fonctionnement et la gouvernance des systèmes d’information.

Le directeur de la DISIC détaille des exemples de non optimisation de la dépense publique en matière de SI, exemples qu’il compte bien améliorer :

- « plusieurs ministères ont fait les mêmes démarches d’étude, parfois sous-traitées. Et le partage de ces études est aujourd’hui insuffisant ».

- « plus besoin, au niveau interministériel, de schémas directeurs, dont la mise à jour est trop épisodique et qui, sauf exception, ne se concrétisent pas. Nous allons donc travailler sur des plans d’investissements à 18 mois, ou parfois plus sur les grands projets ».

- « Tous cherchent des leviers pour se libérer du poids de leur socle technique, les mainframes hébergeant encore des applications Cobol par exemple, un socle qui, tous les ans, leur coûte plus cher que l’année d’avant. Je cherche à mutualiser au niveau interministériel la vision sur l’évolution de cette dette technique. Que les ministres et le gouvernement aient conscience qu’il y a là un certain nombre de problèmes que nous devons régler pour conserver des marges pour les services modernisés ».

Ces annonces laissent entrevoir en paralèle un espoir de redémarrage de projets informatiques et numériques au sein des administrations centrales sous un angle nouveau.

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Source : silicon.fr

Alertes Administration Numérique N°9 – Vol.12