Alors que le gouvernement a annoncé à l’automne son plan de reconquête industrielle dont une part importante est allouée au numérique, les ministères et agences de l’Etat sauront-ils se joindre à cette dynamique en s’appliquant à eux-mêmes les préceptes énoncés ? En effet, à l’heure où un signal fort est attendu pour relancer l’activité économique, les administrations ont une carte à jouer pour montrer l’exemple : tirer parti du numérique pour se transformer, se moderniser et mieux accompagner les entreprises françaises dans leurs efforts d’innovation !

Fin 2013, près des deux tiers des décideurs de ministères, agences de l’Etat et autres organismes publics interrogés par MARKESS reconnaissent que les projets numériques qu’ils conduisent sont sources de bénéfices, non seulement d’un point de vue économique et budgétaire, grâce à la rationalisation des processus, mais aussi pour :

  • Les usagers (citoyens, entreprises, associations…) grâce à des services simplifiés ;
  • Les agents de l’Etat en valorisant leurs missions grâce à des outils de travail plus adaptés (solutions de collaboration, usages sur mobile, accès distant pour les télétravailleurs…) ;
  • L’environnement en réduisant l’empreinte écologique de l’Etat (réduction du papier grâce à la dématérialisation des documents, rationalisation des salles serveurs…).

Les projets numériques générateurs de bénéfices
selon les décideurs de ministères et agences

Par l’intermédiaire du secrétariat général pour la modernisation de l’action publique (SGMAP), les ministères et leurs agences se sont mis en ordre de marche pour bâtir les fondements d’une administration numérique avec, d’ores et déjà, d’importants chantiers interministériels lancés, comme la construction d’un réseau interministériel d’Etat, la rationalisation des salles serveurs, l’ouverture des données publiques ou encore le renforcement des premiers services en ligne aux usagers via « mon.service-public.fr ».

Plus de 90% des décideurs interrogés par MARKESS valorisent les retombées positives de leurs projets de dématérialisation : ces projets sont aujourd’hui clairement amorcés mais méritent d’être perfectionnés en abordant la dématérialisation de processus et non plus uniquement de documents. Cette exigence implique le recours à des solutions permettant de moderniser et de simplifier l’ensemble de la chaîne associée à la gestion des informations traitées par ces administrations : gestion de contenus, workflow et gestion de processus, analyse de données et de contenus non structurés, signature électronique de contenus engageants, jusqu’à l’archivage électronique.

Les bénéfices se mesurent aussi à l’aune :

  • Des services numériques pour les usagers : à titre d’exemples, le SGMAP travaille à la fédération des initiatives enclenchées par les différentes administrations à travers des réflexions relatives à l’identité numérique et la direction des finances publiques (DGFIP) renforce son dispositif de services en ligne à destination des usagers… ;
  • D’une amélioration de la production et de l’analyse des données en interne : le mouvement d’ouverture des données publiques est souvent mis en lumière sous le prisme des premiers services et applications innovants développés par des tiers. Ce mouvement ne peut néanmoins être possible que grâce à un important travail interne de révision des modes de production des données publiques, de manière à les livrer dans un format adéquat pour la réutilisation. Ces chantiers font notamment appel à des solutions d’extraction, de nettoyage, de consolidation de données dans la phase amont mais aussi à des solutions de visualisation pour la mise en valeur de ces données ;
  • De nouveaux modes de consommation et de diffusion des ressources numériques avec le recours au cloud computing : la DISIC mène des expérimentations avec la DILA (direction de l’information légale et administrative) dont l’objectif est de construire un cloud privé de l’Etat.

Outre ces chantiers déjà enclenchés et à mener à terme, la marge de manœuvre pour une administration numérique exemplaire reste ténue dans un contexte budgétaire toujours contraint. Les budgets informatiques seront en effet majoritairement stables ou en baisse en 2014 selon les décideurs interrogés. Les ministères et agences de l’Etat devront, en conséquence, réaliser des arbitrages complexes pour montrer l’exemple et encourager les initiatives numériques porteuses d’avenir pour les entreprises françaises.

Téléchargez la synthèse

Commandez l’étude approfondie de 30 pages

Alertes Administration Numérique N°12 – Vol.11