A travers les échanges quotidiens de MARKESS International avec des responsables de projets au sein des collectivités locales, le frein le plus fréquemment évoqué pour l’ouverture des données publiques concerne les moyens à mettre en oeuvre pour parvenir à cet objectif de la meilleure façon qu’il soit. Les décideurs sont conscients de cette obligation de mettre à disposition les données publiques mais ils restent néanmoins dans une phase d’observation quant aux premières expériences en cours afin d’opter pour la solution la plus adaptée.

Ces projets ne sont en effet pas anodins en regard du contexte budgétaire du secteur public : c’est pourquoi ils sont menés avec prudence au même titre que les autres projets numériques de la collectivité.

Deux objectifs différents doivent être observés dans l’ouverture des données publiques :

- la publication des données pour l’information citoyenne,

- la mise en forme des données pour leur réutilisation et la création de nouveaux services sur le territoire.

Ce second point est plus complexe à mettre en oeuvre mais représente la forme le plus aboutie d’une démarche d’ouverture de données publiques. La collectivité ou l’administration publique devra relever les enjeux suivants :

- le format des données pour faciliter leur réutilisation et leur mise en corrélation avec d’autres données issues d’autres administrations par exemple,

- leur diffusion et leur visualisation par le grand public (outils pour permettre le croisement de données en ligne, pour faciliter la lecture…),

- leur pérennité dans le temps : mises à jour régulières, pérennité des formats à long terme pour leur visualisation…

- l’animation pour susciter la réutilisation des données par des acteurs tiers.

Enclencher un projet « open data » se révèle donc très vite un projet plus large que la mise en ligne de données sur un site web par exemple. Mais c’est aussi l’occasion pour l’administration de réviser ses processus de gestion de ces données entre les divers services internes et de mettre en oeuvre une stratégie de gouvernance des données plus pointue.

Enfin, se pose également la question du bon échelon de collectivités ou d’administrations pour déployer ces projets : communes, intercommunalités, départements, régions, Etat ? Quelle serait l’échelle de mutualisation pertinente ? Si toutes les collectivités n’ont pas forcément les ressources requises pour porter de tels projets, elles peuvent néanmoins préférer porter seules ces projets car l’ouverture des données publiques leur offre l’opportunité d’améliorer leur visibilité à l’égard de leurs citoyens et des acteurs externes en général.

Pour en savoir plus sur l’open data, consultez les tables des matières des études de MARKESS International sur le secteur public :

Bilan et perspectives des logiciels et services IT dans les collectivités locales – France, 2012-2014

Bilan et perspectives des logiciels et services IT dans les ministères et agences de l’Etat 2012 – 2014

Alertes Administration Numérique N°5 – Vol.11