La DGFIP s’appuie sur un plan stratégique informatique dont les 2 axes sont la maîtrise du système d’information et la maîtrise des coûts :

A – Maîtrise du système d’information

-  Les systèmes d’information jouent un rôle de premier plan au sein de la DGFIP : la direction générale a donc décidé que tout projet (jusqu’aux assistances à maîtrise d’ouvrage) doit obligatoirement être examiné par le service des systèmes d’information. L’équipe de 5 000 personnes dispose de compétences très pointues mises à profit pour la stratégie de maîtrise des systèmes : ceci implique un découpage et une connaissance des systèmes brique par brique, aucune solution globale n’est acquise sur le marché ;

- Dans un contexte de restrictions budgétaires, il n’est plus exigé de l’informatique que des services générant des gains de productivité. Le service des systèmes d’information de la DGFIP ne fait pas plus ni moins que tout autre service de la DGFIP en matière de réduction budgétaire : la modernisation des systèmes d’information reste donc un enjeu clé ;

- Il a été fait le choix de standards ouverts pour faciliter le changement de prestataires ou d’infrastructures, les standards ainsi définis étant appliqués à chaque nouveau projet. Une gouvernance technique (comité technique d’architecture et d’infrastructures) est garante de ceux-ci ;

- L’externalisation est maîtrisée. Elle est pratiquée pour les phases de réalisation tout en imposant les choix technologiques. Elle n’est pas pratiquée pour les phases de conception et de tests car il y a la volonté de conserver la maîtrise des systèmes. D’autre part, une phase de ré-internalisation semble être en cours : de nouveaux projets vont pouvoir être conduits par des ressources internes grâce à la réaffectation de personnel de projets anciens arrivés à leur terme. L’externalisation représente aujourd’hui 17% de la force informatique en nombre de jours hommes. S’il y a une faible externalisation des activités de production, il est tout de même nécessaire d’y recourir lors des périodes de pics de charge et s’il y a des besoins en compétences spécialisées. Néanmoins, le taux d’externalisation diminue d’année en année.

Exemple du système supportant la télédéclaration d’impôts (TeleIR) : le nombre de télédéclarants va croissant chaque année (+ de 12 millions en 2011). La montée en volume implique de construire une nouvelle plate-forme, avec pour objectif 20 millions de télédéclarants. D’autre part, cette reconstruction va permettre de supprimer les adhérences applicatives de TeleIR avec d’autres environnements comme le compte fiscal : ils seront séparés afin de supprimer la complexité du compte fiscal. Les développements de TeleIR sont réinternalisés avec un passage sous X86. Un nouveau prestataire a été sélectionné, le précédent étant historique (seul à postuler), il convenait de relancer la concurrence.

B – Maîtrise des coûts

- La DGFIP réduit fortement ses coûts récurrents : réseaux, redevances logiciels et matériels qui représentent 40% du budget. Les gains retirés sont redéployés sur de nouveaux projets ;

- Une gouvernance très forte des systèmes d’information a été mise en place. Un comité stratégique des systèmes d’information, présidé par le directeur général, organise la gouvernance applicative grâce à des plans annuels d’activité. 286 applications sont balayées en début d’année pour construire le plan d’activité de l’année, détaillé avec un budget de ressources humaines internes ou externalisées. L’arbitrage du plan d’activité est réalisé en concertation avec les métiers, qui doivent mettre en avant les chantiers incontournables les concernant ;

- La gouvernance des achats privilégie une concurrence maximale, les marchés sont construits de manière à y répondre (massification ou découpage). Une orientation durable pour le logiciel libre est favorisée. La DGFIP recourt depuis des années aux logiciels libres pour des briques techniques mais aussi de plus en plus pour des briques applicatives si le produit est suffisamment mature. Une analyse systématique des solutions open source est réalisée pour chaque projet, sans dogmatisme néanmoins. Une stratégie originale de marchés va être étendue au niveau interministériel pour le support associé au logiciel libre : un marché pour le support d’un nombre limité de logiciels (actuellement 300 logiciels) sera bientôt étendu au niveau interministériel.

Une baisse importante des coûts d’infrastructures est également souhaitable. Néanmoins, le cloud computing n’est pas encore à l’ordre du jour. Si la mutualisation et la virtualisation sur des infrastructures peu coûteuses méritent réflexion, il s’avère qu’actuellement la virtualisation des serveurs de développement n’est pas toujours des plus évidentes au sein de la DGFIP, c’est pourquoi elle souhaite avancer avec prudence. Se brancher sur un cloud où tout fonctionnerait sans obstacle ne paraît pas si trivial.

Exemple de TeleIR : la précédente plate-forme, acheté il y a 7 ans, valait 10 millions d’euros. La nouvelle plate-forme, acquise pour 20 millions de télédéclarants, vaut 1/3 du prix d’il y a 7 ans et avec un doublement des capacités. En terme de place, la salle actuelle est pleine avec des armoires tout le long des murs alors que la future salle aura seulement 3 armoires : ce gain de place sera à ré-exploiter.

- La sécurité est une préoccupation très forte de la DGFIP, notamment en lien avec les nouvelles voies technologiques de l’administration numérique. A l’avenir, il s’agit d’aller plus loin en terme de télédéclaration, d’envisager des services sur smartphone, de faciliter la consultation du compte fiscal et le paiement. Enfin, un travail sur les flux sortants représente une voie d’avenir : avec 260 millions de plis envoyés par an, la dématérialisation s’avère un vrai chantier qui englobera aussi des enjeux de coffres-forts électroniques et d’identification des pièces.

En savoir plus

Informations issues d’une intervention de la directrice des systèmes d’information de la DGFIP aux Rencontres de la Modernisation de l’Etat

Alertes de l’administration N°15 – Vol.9