Les initiatives actuelles des administrations françaises dans le domaine du numérique soulèvent la problématique de la gouvernance de l’information et des données. Ces dernières sont effectivement au cœur des nouveaux services et usages numériques développés par les administrations, c’est pourquoi elles requièrent une attention particulière en terme de qualité, de gestion de leur cycle de vie et de leur sécurisation. Les 3 exemples ci-dessous illustrent des situations spécifiques où l’information est l’élément clé dans la bonne délivrance du service ou l’atteinte de l’objectif souhaité :

- Délivrance d’un service au citoyen : l’amélioration de la relation citoyen est la volonté de nombreuses collectivités locales qui, pour certaines d’entre elles, évoluent de plus en plus vers une vision unifiée des interactions avec leurs usagers externes. Concrètement, elles mettent en place un guichet unique (physique et sous forme de compte citoyen en ligne), à partir duquel les usagers accèdent à l’ensemble des services délivrés par la collectivité (état-civil, inscription scolaire et péri-scolaire, bibliothèque, services associatifs, paiement en ligne…). Du côté de l’agent, celui-ci est en mesure de visionner l’ensemble des informations concernant chaque usager (historique des interactions, services auxquels il est abonné…) quel que soit le domaine métier impliqué. Ce mode de fonctionnement pose clairement la nécessité d’abandonner une organisation en silo au profit d’autres modes d’organisation plus transversaux. Ce pré-requis impacte directement les systèmes d’information en regard qui devront présenter des capacités d’interopérabilité pour permettre le rapprochement de données disséminées à l’origine au sein de plusieurs environnements métier. Se posent également dans ce contexte la question du format/codage des données pour faciliter la compréhension entre application (élaboration de référentiels) ou encore de la gestion des droits d’accès à chacune des données manipulées par les agents, selon leur degré de confidentialité.

La ville Nantes a créé une direction « service aux usagers » : voir son expérience

- Gestion des risques : cette notion peut se décliner selon diverses thématiques propres à chaque administration (ministère, organisme sous tutelle…). Il est ainsi évoqué la gestion des risques dans le cadre de catastrophes naturelles, de la maîtrise d’épidémies, de problèmes sanitaires ou encore de lutte contre la fraude (sociale, identité, fiscale…). La gestion de ces cas nécessite un système d’information agile pour disposer de la bonne information en temps voulu avec souvent  la nécessité de croiser des données (en les anonymisant au préalable) en provenance de plusieurs environnements informatiques (prise de décision rapide lors de l’intervention de services de sécurité, information du public face à des situations de crise, identification de situation de fraudes par croisement de fichiers de données entre plusieurs services d’aides sociales, bonne délivrance d’une subvention grâce à des données de départ fiables…). La qualité des données, de leur saisie originelle au sein du système d’information jusqu’à leur traitement et leur conservation, constitue à ce titre un élément de poids pour mener à bien la gestion des risques.

- Ouverture des données publiques : le décret du 26 mai 2011 officialise la gratuité par défaut des données publiques des administrations d’Etat. Le portail « data.gouv.fr » est attendu pour la fin de l’année 2011 sachant que de grandes villes françaises (Rennes, Paris,…) ont déjà pris l’initiative de mettre à disposition leurs données publiques… autant d’initiatives qui impulsent le mouvement « open data » en France. Si les bénéfices attendus pour le citoyen sont convaincants (nouveaux services en ligne innovants grâce à la valorisation des données publiques ou encore travaux de visualisation de l’information pour les rendre plus intelligibles par le citoyen), des règles sont à prévoir avant de publier ces données : définir les formats de données et les licences d’utilisation qui leur sont associés, exclure les données confidentielles et personnelles,  prévoir l’organisation nécessaire avec des relais dans chaque administration pour préparer et remonter les données à publier, etc. Enfin, la mise à disposition de données publiques entre les mains d’acteurs privés pose également la question du modèle d’accès au service par le citoyen : payant ou gratuit ?

La gouvernance de l’information se retrouve ainsi dans de nombreux défis que souhaitent relever les administrations françaises à l’heure actuelle. MARKESS International suit cette problématique avec intérêt, si vous souhaitez contribuer à nos prochaines recherches sur ce sujet, cliquez ici

Aurélie Courtaudon

Analyste – Expertise administration numérique